Vietnam – Mai Chau

Après Hanoï, direction nord-ouest, dans le district de Mai Chau, région plus montagneuse. L’ethnie majoritaire est de descendance thaï : des thaïs noirs et des thaïs blancs. Je ferais un stop au bord d la route pour manger du riz cuit dans les bambous avec les locaux, puis au marché de la ville suivante.

J’irais dans un petit village de thaïs blancs, vivant de la riziculture. Ainsi, les habitations typiques sont sur pilotis, pour éviter les dégâts liés aux pluies. Étant en saison basse, je suis relativement tranquille niveau tourisme. Je peux cependant voir que, même dans ce petit village, le tourisme est arrivé avec ce qu’il a de bon (pour les habitants) et de moins bon. Les infrastructures ont déjà pas mal évolué pour s’y adapter, des écolodges sont clairsemés à travers le village, tout comme un hôtel plus luxueux qui est en construction… et de nombreuses petites échoppes où sont vendues les productions locales, vêtements tissés, écharpes, aux couleurs assez bariolées.

Cependant, je ne croiserais pas beaucoup de touristes, et la guide m’a emmenée à vélo dans des coins bien plus authentiques. Comme elle était enceinte jusqu’aux yeux, j’avais juste peur qu’elle prenne l’idée d’accoucher au milieu de nul part ! (J’en profite pour préciser que vous ne trouverez aucune photo d’elle, et pour eux cela porte malchance de se faire prendre en photo lorsqu’on attend un enfant !).

J’ai donc dormi chez une famille adorable, dans le village de Lac, dans une grande pièce sur pilotis, où ils nous ont installés à tous les trois moustiquaire et matelas au sol. La température est idéale (pas de chauffage, tant mieux donc !), mon chauffeur ne ronfle pas (ouf !), c’est parfait !

En balade à vélo, je m’arrête tous les cinq mètres dans le village pour manger plein de choses bizarres et non identifiées. On file ensuite vers les rizières, c’est à ce moment là l’époque pour semer. Les habitants de tout âge sont les pieds dans l’eau, le dos tordu par l’effort, cachés souvent sous leur chapeau conique traditionnel. Ils abritent ensuite leurs premiers semi sous une petite pépinière, et ils les ramasseront et repiqueront plus écartés une fois qu’ils auront suffisamment grandi. C’est un travail de patience, tout à la main. Pour ce qui est de la préparation de la rizière, en amont, ils sont pour la plupart passés au labour mécanique, même si un ou deux restent encore fidèles au travail du buffle, jugé plus efficace. Les rizières ne sont pas en plateau dans cette région de plaine.

On va ensuite dans un coin plus reculé, où se trouve quelques habitations très précaires (selon nos standards), ce sont des thaïs noirs qui vivent ici : ils ne reçoivent pas de touristes, mais ma guide les connaît et m’invite donc à entrer dans une des cabanes sur pilotis, entourée de poules et cochons. J’ai l’impression qu’elle va s’effondrer a tout moment sous mon poids, tant elle paraît tenir par la grâce du bon dieu. Il y fait très sombre, n’ayant aucune fenêtre. L’échange sera bref, la dame est très pudique et ne semble pas à l’aise avec les étrangers. De l’autre côté, je ne sais pas comment je vivrais l’intrusion de touristes chez moi, qui veulent juste « regarder ma cuisine, ma façon de vivre »; je ne me sens pas toujours à ma place et ne veut pas sembler au zoo… Dur de trouver l’équilibre entre rencontres de deux cultures, plaisir de partager et découvrir, et indécence voyeuriste.

On visite aussi des ateliers de tissage de la soie, l’une des spécialités de la région. Les filles travaillent sur de vieilles machines à un rythme effréné, pour ressortir des tas de tissus supers colorés qui composeront leurs tenues pour les cérémonies traditionnelles, et les souvenirs que je ramènerais à la maison.

C’était vraiment une jolie parenthèse, j’ai pu échanger avec les habitants, parler de nos modes de vie respectifs, connaître le travail dans les rizières. J’ai également fait un saut dans le petit hôpital de coin, tenu par une infirmière et relativement bien équipé contrairement à ce que j’imaginais (en cas d’urgence, médecin de garde pour toute la vallée, les ambulances pour Hanoi prennent un très long moment à venir puis repartir, la mortalité est donc encore assez importante). Les enfants, dans les écoles et dans les rues, sont toujours souriants et curieux, et s laissent photographier en mimant un brin de timidité qui ne dure jamais longtemps.

Le village en lui-même vivant en partie du tourisme, il est très propre. Par contre, dès que l’on s’éloigne, les fossés débordent de déchets, du plastique à foison, des sacs qui pendent aux arbres forment désormais épouvantails improvisés…

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